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vendredi 30 janvier 2009

L'interview de LI Huan sur la CCTV dans l’emission rétrospective “Notre 2008”par M. Bai Yansong

中文完整版(与播出版对比)

En fin d'année 2008, LI Huan, l'un des principaux représentants de 419, manifestation des chinois à Paris suite à l'affaire de la flamme olympique, s'est présenté dans une interview télévisée qui sert en même temps de rétro de cet événement qui a marqué de nombreux chinois, notamment les jeunes. Ci-dessous est la traduction de l'interview.  Si la vidéo ne s’affiche pas correctement, cliquez ici.



Transcription de l'interview à la CCTV

(Traduction: Delphine Zh. DONG)


F : Nous avons suivi de nos yeux le parcours de la transmission de la flamme olympique, sans cela, nous n’aurions pas connu un garçon ordinaire, qui s’appelle LI Huan ; nous ne saurions pas non plus ce qu’il a ressenti à l’intérieur. Alors maintenant, ensemble, nous allons le rapprocher, le comprendre. Voyons cet épisode :
(sur le grand écran)
Le 19 avril 2008, la Place République, Paris, France

voix de LI Huan, puis voix-off masculine :
Le 19 avril 2008, sur la place République à Paris. Des milliers de Chinois résidant en France se’y sont réunis pour une manifestation « Pour les JO de Pékin, Contre les reportages non objectifs ».
Voix de LI Huan, puis voix-off masculine :
Sur cette place construite aux souvenirs de la Révolution Française, à l’occasion de ce rassemblage des Chinois, dit le plus grand dans l’Histoire européenne, c’est bien ce garçon qui s’appelle LI Huan qui a donné ce discours.
Voix de LI Huan : « je suis d’origine de AnYang de la province du He Nan. Lors de la Gjuerre sino-japonaise, mes grands-parents se sont réfugiés à Xi’An, ils m’ont offert ce nom, (qui signifie) premièrement les fleuves coulent sans cesse/chuan liu bu xi(洹), deuxièmement ne pas oublier son pays ni son lieu d’origine, la racine de soi
Voix-off masculine : « Il y a 12 jours, au cours de la transmission de la flamme olympique à Paris, un pro-tibétain s’est mis à arracher la flamme dans la main de JIN Jing assis sur la chaise à roulettes. »
Voix de LI Huan: « Dans le monde, il existe de divers concept du monde et concept des valeurs. Il faut juste que chaque vision soit construite sur une base d’objectivité et de justice. Je crois que nous sommes en train de défendre le principe de la justice des médias, aussi bien que la dignité de la nation chinoise. »
Voix-off masculine : « Aux yeux de certains, les termes comme la responsabilité sociale, l’obligation publique semblent faire défaut chez les jeunes de la génération de LI Huan. Néanmoins, dans un endroit loin de la patrie et des parents, ces (jeunes qui demeurent) enfants au regard des adultes ont manifesté une force brillante. »
Voix de LI Huan : « Si la responsabilité de l’Ambassade de Chine est de défendre la dignité et l'intérêt du pays, alors nous, les étudiants faisant les études à l’étranger/liu xue sheng, sont les ambassadeurs populaire/non-gouvernement
aux. Ce que nous communiquons, ce sont des choses plus simples et plus sincères, c’est ce que ressentent et ce que pensent les Chinois ordinaires. »
Voix-off masculine : « Aimer la patrie à la chinoise, donner le discours à la française, communiquer au nom d’un coeur et du sentiment blessés ; ainsi, en même temps qu’il a défendu la dignité de la patrie, il a aussi défendu celle de la nation française. C'est bien ça qui a marqué le LI Huan de ce jour même.»
(slogans) Vive la Chine ! Vive la France ! Vive les peuples ! Vive la communication entre les peuples !... (fin-épisode, retour sur le plateau)


F : Maintenant, souhaitons la bienvenue à LI Huan! ... Lors du discours, LI Huan a eu raison de parler fort. Pour donner un discours devant tant de monde, tu devrais être très sûr de toi ?
LI : Oui, j’ai eu confiance en moi. C’est que premièrement, j’ai la capacité, je crois en moi-même, j’ai eu l’expérience de parler devant la caméra, et dans ma vie quotidienne il y a souvent ce gendre de débats. Deuxièmement, derrière moi, c’est 1,3 milliard de Chinois mes compatriotes, c’est des milliers et des milliers des étudiants chinois à l’étranger. Je n’ai jamais douté de moi-même, ni de ces gens qui se présentent devant moi.
H(il s’appelle BAI Yansong, animateur central mais plutôt lucide) : J’aimerais y ajouter un mot. Tout à l’heure j’ai été bien impressionné...Est-ce que tu as jamais pensé à cela? (A ce que ) tu as des larmes dans les yeux lorsque tu évoques les termes comme la patrie, le peuple ?
F : Lorsque tu était petit...
LI : Non. Je crois que cette sorte de sentiment viendra tout doucement. Comme on a grandit, on parvient à connaître certaines choses, à les comprendre et les analyser, et on comprend davantage que beaucoup de choses ne sont pas faciles. J’appartiens à un pays dont je suis fier. (larmes aux yeux)
LI : Pardon, j’ai été un peu ému. Tout à l’heure je regardais les héros (les trois astronautes en uniformes bleus en plan rapproché), et je me rappelle de notre situation d’alors...Tout est possible à ce moment-là, car certains de nos camarades ont reçu les appels et les méls anonymes, (menaçant que) si vous continuez, nous allons vous faire des explosions et des attaques armées...Je n’y ai pas pensé. Je me souviens qu’à l’époque, je me suis préparé pour tout...
F : Toi aussi, à l’époque, tu t’es préparé pour tout (Cf: la possibilité de la mort à laquelle auraient dû faire face les trois astronautes avant leur départ de la Terre)
LI : Oui. A l’époque j’ai bien des préoccupations pour mes parents, j’ai pensé que comme je ne me suis pas marié, j’ai pas d’enfants, rien, et que je suis fils unique, si un jour j’avais qch, comment feraient mes parents ? Donc j’ai eu un peu de souci pour cela.
F : Mais tu les as appelés à l'époque?
LI : Non.
F : Tu n’as pas demandé leur avis non plus ?
LI : Je n’ai pas osé leur en parler.
F : Tu n’as osé rien dire, et puis tu t’es décidé comme ça ?
LI : Oui...J’ai pensé que si jamais il y avait quelquechose, je...je les confierais à l’Etat..
F : L’une des phrases de LI Huan est très importante, il a dit que son sentiment pour la patrie, pour le peuple, s’accumule petit à petit, et se sent au fur et à mesure qu’il grandit. Est-ce que ça a aussi un lien étroit avec ton séjour en France en tant qu’étudiant ?
LI : Oui. La vie d’étudiant à l’étranger m’a fait comprendre que plus qu’on est loin, plus la famille nous manque. Pour chaque enfant c’est comme ça : disputer avec les parents dans la famille, en pensant qu’ils ne sont pas sympa; mais une fois quitté la famille, on se sent très proche avec eux. La vie est pareille pour les étudiants à l’étranger. Nous aussi sommes les hommes et nous avons des sentiments, nous sommes loins, et nous avons la famille ici(en Chine)...Disons que nous pensons souvent à certaines choses (d’ici). Donc...ce genre de sentiment s’extériorise au fur et à mesure. D’ailleurs puisque nous avons été blessés, que nous nous trouvons mal compris d’autant plus que notre Famille est blessée. Eux (les médias français) ont des préjugés contre nous, les préjugés bien arrogants...
F : Tu pourrais donner un exemple ? un exemple que tu rencontres le plus quotidiennement ?
LI : ...La première fois que je suis arrivé en France, on me dit, d’où viens-tu ? je dis de la Chine. ...Ca va ? (Mei Shi’er ba ?) C’est vrai que quand tu t’exprimes, on te met en prison ? Ca va ?
H : « Ca va »...haha...Lui ca va bien ?
LI : Ben oui, « ca va sans problème ? » à demander à lui...Voilà, donc pourquoi poser de telles questions ? ...Chez vous il y a un gouvernement autoritaire, les gens vivent dans les ténèbres ? Je dis mais non, j’ai une famille ordinaire, mon papa est un agent de police ordinaire, ma maman est une professeur ordinaire, ils aiment la vie et s'en réjouissent comme tout le monde. Leur vie s’améliroe de plus en plus, notre famille a acheté un nouveau appartement l’an dernier.
F : Alors est-ce que tu continues sans cesse de réfléchir après (ces interrogations), pourquoi tu vas continuellement communiquer, expliquer, communiquer encore, et expliquer encore ? Quelle est la raison pour laquelle tu fais ces réflexions ?
LI : les raisons sont...l’écart/l’incompréhension, la distance, l’idéologie, la façon de penser ; nos cultures, la couleur de nos peaux, nos religions, nos fonds sont tous différents. Pour eux, ceux qui viennent de la Chine n'ont pas de différence avec ceux qui viennent du Mars...Ca fait 7 ans déjà, (je) réfléchis tous les jours: comment changer ce genre de préjugés. Changer les préjugés n’est pas de s’y affronter, mais de raisonner, de donner les raisons, les raisons qu’ils peuvent comprendre. Je dis que vous pouvez avoir toutes sortes de points de vue, mais vous ne nous en imposez rien. Nous pouvons apprendre auprès de vous. Ca fait déjà 100 ans que nous apprenons, et nous continuerons à apprendre auprès de l’Occident.
F : Et eux ils iraient dire qu’ils ont leur concept de valeurs à eux.
LI : Oui.
F : Et toi tu comprends leur concept de valeurs...
LI : Je (les) comprends.
F : Et c’est pour ça que tu as préparé un tel texte de discours.
LI : Oui. Je (les) comprends. Leur concept de valeurs n’est pas à en avoir peur.
H : Donc là « la raison » est très importante. Voyons qu’aucun mot n’implique que LI Huan est un jeune indigné(fen qing).
F : Effectivement.
H : Tu as raisonné. Tu t'es maîtrisé avec la raison...
LI : Oui. J'ai réfléchis sur comment leur faire comprendre (lors du discours). D’abord, il s’agit de la manière (de s’exprimer). On était en train d’organiser une manifestation. Nous avons voulu exprimer notre amitié. La nation chinoise est une nation amicale.
F : Par quels moyens extérieurs avez-vous transmis cette information d’amitié ?
LI : Nous avons dressé le drapeau français, le drapeau chinois, le drapeau des JO. Nos slogans sont : « Vive l’amitié franco-chinoise, Vive la Chine, Vive la France. » Lorsque nous étions partis, il était très propre (sur la place République). »
H : Très propre à la place (République) ?
LI : Lorsque nous étions sur le point de partir, nous avons rencontré quelques nettoyeurs qui sont arrivés sur la place, envoyés par la mairie, car ils savaient qu’il y avaient une manifestation et qu’il fallait faire le nettoyage après. En général, après une manifestation en France, il y a partout des tas de journaux, des banderoles jetés par terre, alors qu’il était propre par terre lorsque nous quittions la place. On voyait les nettoyeurs fumer à côté, disant que c’est tant mieux si chaque manifestation puisse être comme celle-là.
H : En ce cas ils seront en chomage.
LI : Ah le chomage, c’est déjà un problème grave.
F : Et ça (ie : de garder la place propre)fait aussi partie de votre organisation de la manifestation ?
H : Aussi un choix raisonné.
LI : Oui, nous avons tout considéré. Tout. C’est-à-dire quelles missions à confier à quels groupes...tout est pris en considération...Derrière moi, autour de moi, c’étaient les camarades qui partageaient les mêmes sentiments avec moi.
F : Donc vous avez une équipe.
LI : Oui, c’est important d’avoir une équipe. Et ce genre d’équipe va se poursuivre. Bien que nous pensons souvent qu’il y a trop d’écart entre la Chine et l’Occident, qu’il y a trop de choses nécessaires à communiquer et à comprendre, beaucoup de choses ne se font pas en une seule fois. On me demande : est-ce que vous avez obtenu des effets positifs suite à cette manifestation, je dis oui. On dis de quelle ampleur ? je dis un petit peu. Impossible (de tout faire en un seul coup)...Je dis que là il y a un mur bien épais...je dis comment pouvons-nous faire ce genre de choses à long terme, durant plusieurs décennies.
H : (Que les choses viennent) doucement.
LI : Nous avons fondé récemment une association qui s’appelle les Amis du Printemps/Si Yue Zhi You. L’Avril, c’est le printemps, ça nous fait comprendre qu’il est nécessaire de communiquer. C’est aussi une graine d’amitié que nous sèmons, et nous prions une récolte des fruits d’amitié en automne. Nous envisageons cela à long terme.
H : Alors on te permet 1 minute pour la pub.
F : Oui...Si yue zhi you.
H: Hé non. Demande d’emploi.
F : Ah, demande d’emploi.
H : Ton ambition professionnelle dans l’avenir ? Peut-être il y a biens des services ou des gens qui pensent à le recruter. Tel un bon jeune homme.
LI : Avant, je portais toujours un rêve de devenir un manager professionnel. Mais à travers cet événement, j’ai découvert une sorte de plaisir, le plaisir que j’ai découvert lorsqu’on organise ce genre d’activités, ensemble avec une équipe qui partage le même rêve avec moi...Je ne sais y réfléchir. Il m’est difficile de répondre à cette question.
F : Peut-être que l’homme de la raison a besoin du temps pour bien réfléchir avant de donner une réponse bien discrète. Ca sent bien le style de LI Huan.
H : Lui recommander au Service Diplomatique. (A l’audience) Vous trouvez comment ?
LI : Urh certes, le diplomate est un métier sacré...
F : (à l’audience) Vous trouvez comment, l’idée de laisser LI Huan devenir diplomate ?
(Audience : Applaudissement...Bravo...)
LI : Merci, merci à tous...Je n’ai pas pensé que mes 26 ans seraient marqués par une telle expérience. Jamais. La vie est à continuer. (Comme dit un maxime chinois, )On sait la force du cheval quand on fait une longue route, on connaît le vrai coeur d'une personne avec les jours/Lu yao zhi ma li, ri jiu jian ren xin.
F : Tu pourrais demander (pour devenir diplomate)...Ce qu’il a dit est très important. Il dit qu’il n’a pas pensé qu’il a pu faire une chose pareille à ses 26 ans. (A LI Huan : ) Tu peux aussi demander à BAI Yansong(l’animateur) ce qu’il a fait lors de ses 26 ans.
LI : Je sais pas...ce qu’on aurait fait n’est pas forcément rapporté (par la presse).
H : Lors de mes 26 ans, j’étais encore dans le sensible(gan xing). Avec le temps et quand on grandit, on apprend peu à peu le rationnel(li xing). Donc je suis très content de voir chez LI Huan, de même que chez tous les jeunes de son âge, la qualité de la raison ; nous en avons été inquiets mais au fait, chez eux, il y a toujours eu cette qualité.
LI : Oui. Nous pensons que la raison et la sensibilité sont tous les deux nécessaires. Je pleure parce que je suis sensible, je donne le discours pour leur faire comprendre parce que je sui rationnel. Chaque individu a ces deux aspects. Je crois que, sans l’un des deux, on ne devient pas l’Homme.
H : Tout à fait...les pleurs et la raison doivent coexister en même temps.
LI : En même temps.
H : Je te remercie ! Je pourrais t’embrasser ?
LI : O toi... J’embrasse alors les deux !... Et puis j’ai encore une chose... voilà, c’est ce que nous pouvons appeler la robe de lutte. En recto : « One China, one family. » En verso : « Faisons des JO un pont, pas un mur. ». Voilà, c'est notre robe de lutte, je l’offre à CCTV!
F : Xiao BAI va le porter...Tu le portes déjà maintenant ?
H : On va le montrer.... (lit sur le T-shirt:) « One China, one family ».
F: (A LI Huan) Laissons-nous une phrase pour exprimer ce que tu penses aujourd’hui.
(LI Huan écrit sur le tableau:)

VENEZ, REGARDEZ UNE VRAIE CHINE !

LI Huan,
Et tous les camarades du 419


(fin de l’interview)

lundi 19 janvier 2009

Changer la Chine à chaque prêt - Microfinance business in China (en anglais)

Good stuff to understand the Microfinance in China.

mercredi 24 décembre 2008

L’exposition tibétaine- Ji Xiang Ha Da (II)

(Edito: le texte publié ci-dessous , rédigé par moi(Delphine/ DONG Zhihong) est un témoignage et une réflexion sur l'Exposition de la culture tibétaine qui a récemment eu lieu sur Shanghai. Vous êtes invités à découvrir l'événement même mais aussi les aspects culturels tibétains, dont certains renseignements se trouvent sur les sites indiqués en fin de l'arcticle. Tous commentaires sont les bienvenus.)



Malgré la maladresse qu’ on a ressenti à l’entrée, la typologie à l’intérieur est bien conçue en général, on compte 11 zones autour de cinqs thèmes (Histo, Nature, Humanités, Arts, Trésors ; le numéro 5 étant sacré dans leur religion comme dans quelques d’autres). C’est ainsi que s’est faite la rencontre avec les objets de haute valeur qu’on ne voit même pas lors d’un voyage au Tibet. On fait des tours et des tours entre les murs, comme on les faisait autour d’un temple tibétain, et on découvre les objets rituels (les pierres Ma Ni gravées de sentences, l’os d’une tête de veau...ah je rigole.) et agricoles, les ustensiles religieux et quotidiens(dont un radeau en peau de yak, un luth divin avec six cordes, une planche de 30cm x 7cm environ, gravée de très très jolies peintures colorées et qui servait de pupitre pour les petits nomades de naissance aristocratique), les costumes tibétains qui font traîner les femme visiteurs, et les masques, avec une face qui sert à effarer les démons dans les danses rituelles(souvent en blanc, couleur divine des Tibétains) ou dans l’opéra tibétain(souvent en rouge sombre, pour choquer la vue).

(Photo à gauche: le masque sur la photo est suspendu à
l'autre face de la tête au-dessus d'une robe du haut fonctionnaire
tibétain dans l'expo, ce qui m'a fait bien rigoler.)

Les rouleaux tibétains, les Tang-Ka, ou Thang-ga en tibétain, restent les oeuvres les plus impressionnantes de toute l’exposition, à mon sens. Ce sont les images de différents Bouddhas, peints selon chacune de leurs légendes. Le tout est brodé à la main(pour la plupart) ou peint sur un étoffe en cotton à la base d’une maquette, puis encadré d’étoffe, avant que les rouleaux ne soient ajoutés sur le haut et le bas. C’est l’abondance de signes et de symbols qui se perçoivent dans une telle oeuvre, on dit que sur un seul Thang-ga (70cm x 150 cm environ), il faut écrire un bon livre pour expliquer le sens qui s’y incarne : « Comprenez ! Pour les occidentaux, une peinture à l’huile, c’est simple ; il ne s’y trouve pas autant de sens que dans un Thang-ga ! Voyez, ce Bouddha, n’est-ce pas plus merveilleux que la Jaconde ? » Soit. Mais pas tant que ça, finalement. A nos jours, un Bouddha ne séduirait pas autant qu’un sourire du gendre de la Jaconde, s’entend.

En revanche, j’ai pensé encore une fois à la peinture italienne, voire byzantine. C’est intéressant de voir que les religieux de l’Est comme de l’Ouest ont tous cherché un effet de divinité, ou de scintillement, pour être mondain. Les italiens du XIVe siècle ont su utiliser largement l’huile en tant que matière, ce que leur ont initié Van Eyck (si ma mémoire est bonne), afin que les figures des dieux se reflètent dans les lueurs des bougies ou dans les lumières naturelles des églises ; les Tibétains utilisent quant à eux les fils d’or pour broder les toits d’un temple, l’aura d’un Bouddha, etc. On reçoit alors les mêmes effets visuels, quand on aperçoit les statuts à distance. Sans parler que les peintres italiens de la Renaissance sont aussi connus de leur exigence sur les détails qui ne manquent pas de sens ni de signification.

Ce qui est très dommage dans la contemplation des Thang-ga, c’est que les explications sont trop rudimentaires pour qu’on puisse comprendre, même grossièrement, ce que veulent dire les différentes couleurs employées sur le statut d’un Bouddha, par exemple. De même, comme la légende du rouleau médecin est écrite en tibétain, sans titre ni résumé, je ne peux que lire graphiquement pour admirer l’illustration des principes de la médecine tibétaine autour de cinq éléments fondamentaux : comment se varient les cinq éléments dans notre vie et comment maintenir leur équilibre dans l’alimentation, dans l’exercice sexuel comme dans la prolifération.

Il est vers la fin de l’après-midi, et donc vers la clôture de l’exposition à Shanghai. Les effectifs se montrent mous, commençant à ranger peu à peu les oeuvres exposées. Pour la première fois, j’ai pu voir les gens décrocher et empiler les tableaux, les écarter les uns des autres avec un étoffe de velours. Sur le côté, plusieurs jeunes moines sont en train de décrocher soigneusement un énorme Thang-ga sous la commande d’une femme âgée tibétaine. Je suis allée demandé l’un d’entre eux : « vous allez à quelle ville prochainement pour la tournée de l’exposition ? » Lui répond : « Ting bu dong. / Comprends pas. », avec la réserve et la timidité qu’on perçoit chez bien des tibétains du peuple. Je pose alors la question à la femme âgée. « Rentrons à Lhasa./Hui Qu La Sa », l’a-t-elle dit tout brièvement. Ah bon, pas à Pékin alors, comme l’a écrit sur la presse. Une autre femme m’a expliqué plus tard qu’ils iront probablement à Su Zhou(dont la conservation des traditions est connue par tout le monde), à Shen Zhen aussi (où il y a pleins de nouveaux riches qui auraient soif de la culture), mais pas à Pékin, dit « c’est pas le moment ».

Ca me paraît assez curieux d’entendre qu’il ne convient pas de faire la tournée à Pékin. Au début, je me demandais si ce genre d’exposition ne serait pas problématique aux yeux du gouvernement, mais non, j’ai lu dès l’entrée de la salle l’introduction de l’association CAPDTC qui s’occupe de l’art et la culture du Tibet et dont le siège se trouve justement à la Capitale ; pour l’exposition, l’association a également obtenu le soutien des autorités centrales et tibétaines, et celui de la fameuse CCTV(central, même si tout le monde s’en moque)—sur ce, on m’a appris récemment que, pour le bien déroulement des ONG, dont les activitées sont assez présentes dans ma vie actuelle, vaut mieux 1- avoir le soutien officiel, au moins c’est dit comme ça selon les sous-jacents chinois ; 2- agir selon les contextes où l’on se trouve : la notion des « contextes » est bien à la mode, mainetant que nous sommes tous dans le courant de la mondialisation et que l’on change de repère culturel du jour au lendemain.

En ce cas, qu’est-ce qu’on peut envisager sur les événements culturels en Chine ? Il y aurait peut-être aussi une « 3e voie », pallèle à celle du développement économique, dans le secteur culturel : si par hasard le gouvernement dit oui et donne les subvensions pour certaines activités culturelles (dont la restauration d’une partie des oeuvres d’art tibétaines, il faut le dire), tant mieux, on serait alors sous un système semblable à celui de la politique culturelle française qui donne les soutiens à la culture (hélas beaucoup moins qu’avant en ce moment) ; pour le reste, il faudrait emprunter une méthode anglo-saxone(dite libéraliste ?) et prendre l’autonomie pour chercher le financement en convainquant les riches cultivés.

Humm...faut-il dire alors qu’on est heureux d’être Shanghaien pour accueillir les oeuvres de qualité qui sont politiquement sentibles ? Mais déjà, on m’a déconseillé de parler de la politique. Je me contente alors de regarder les gens renrouler soigneusement le gros Bouddha, et ce geste même aurait porter un sens religieux pour eux. Entre temps, une sentence m’est survenue dans la tête: « Fo Tsi Tsaï Sin Tchong », la prononciation française que Ben m’avait apprise : « Le Bouddha est en soi. »


Source photos: le masque tibétain, la pierre Ma Ni ;
Pte gallerie des objets exposés: Ji Xiang Ha Da

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Infos pratiques:

- Site de l’ONG organisatrice CAPDTC (China Association for Preservation and Development of Tibetan Culture): (En/Chi) http://www.capdtc.org/

- Site sur la culture tibétaine : (En/Chi/Tib) http://en.tibetculture.net/

- Site de l’exposition à Shanghai : (Chi) http://www.jixianghada.org/


(
Source: Cantabile. Pour toute copie ou reproduction, merci d'indiquer le lien vers ce site comme provenance.)

L'exposition tibétaine- Ji Xiang Ha Da (I)

(Edito: le texte publié ci-dessous , rédigé par moi(Delphine /DONG Zhihong) est un témoignage et une réflexion sur l'Exposition de la culture tibétaine qui a récemment eu lieu sur Shanghai. Vous êtes invités à découvrir l'événement même mais aussi les aspects culturels tibétains, dont certains renseignements se trouvent sur les sites indiqués en fin de l'arcticle. Tous commentaires sont les bienvenus.)



Une exposition tibétaine, Ji Xiang Ha Da/Auspicious Hada, s’est tenue récemment à Shanghai. J’en suis au courant assez tôt, mais j’ai traîné et j’ai traîné, et lorsque j’ai décidé d’y aller dimanche dernier, j’ai rendu compte que c’est la dernière journée de leur passage à Shanghai. Une durée de 7 jours seulement, du 13 au 21 décembre : on dirait une expo-éclair. Pourtant, celle-ci est dite « de la plus grande envergure/biggest ever » sur le Tibet depuis 1949, avec deux bonnes années de préparation.

Le tarif normal est de 60 yuan, c’est bien le prix européen et ça revient quand même un peu cher, car l’on n’avait pas d’habitude de payer autant pour une exposition ici. Ce serait aussi une barrière invisible quant au choix du public: les personnels administratifs, les autorités de l’art et de la culture et les principaux medias qui auraient forcément reçu les tickets offerts ; les gens internationaux, les gens cultivés, dont les jeunes employés et les étudiants. Autrement dit, les potentiels chercheurs ou touristes ou/et amateurs du Tibet et de sa culture. Autant espérer que ces bénéfices aidera à la conservation et à la transmission des patrimoines tibétains.

Si l’on veut y aller juste parce que l’on croit pouvoir découvrir ce qu’est le Tibet, ça risque d’être décevant, du point de vue voyageur pas tellement touristique ; et j’ai compris cela avant de m’y rendre, en lisant les infos et les photos sur l’Internet. Déjà à l’entrée, on tombe sur une petite installation des Feng Ma Jing Fan, enseignes qui flottent dans les vents de plateau et sur lesquelles sont écrites les textes religieux : « ong-ma-ni-ba-me-hong/rõ », les mêmes textes sont gravés sur les pierres Ma Ni que j’évoquerai plus tard. (Je vous invite à les murmurer devant le feu de la cheminée du Noêl pour s’acquérir de la quiétude et la fortuna d’origine tibétaine, en plus des cadeaux du Réveillon.) C’est l’un des paysages les plus communs dans les régions tibétaines, mais là, ces enseignes me paraissent assez forcées, tant qu’elles ont quitté leur milieu religieux ; de même que les tentes, dépeuplées et déplacées des plateaux au hall d’exposition.

Je parle de ça moins comme une critique que comme un constat de ce que j’ai resenti, je me rappelle que lors de ma visite du Louvre après mon séjour en Italie, en regardant les peintures religieuses italiennes illuminées des lumières des lampes, je déplorais la disparition du charme ambiant des tableaux qui se trouvaient jadis sur les murs des églises et qui nous inspiraient un sentiment mystique sous la lumière du jour qui pénère dans l’espace de la vénération. C’est un paradoxe inévitable d’exposer les choses liés à la vie religieuse (et nomade) dans un contexte laïque (et civilisé) ; néanmoins, un compromis n’est pas impossible, il serait peut-être mieux que l’on organise par exemple la re-présentation des (mini) foires tibétaines, comparables aux foires médiévales qui ont régulièrement lieu en Midi-Pyrénées.

Les organisateurs ont pourtant pensé au principe du spectacle, on peut voir ainsi plusieurs stands de démonstration où quelques Tibétaines travaillent sur un métier à broder, quelques moines qui montrent l’art de la construction d’un grand temple sablé (ou plutôt une sorte d’arène? Quelle magie de mot...), dit « dul-tson-kyil-khor » en tibétain. Celui-là est l’une des meiveilles que l’on peut rencontrer lors de la visite. Dans la matière qui sert à la construction d’un temple sur un plateau modelé, il n’y a pas que les sables, c’est un mélange de grains de l’or, des pierres précieuses, des pétales, du riz et des sables blanc. C’est avec ce mélange que, lors des cérémonies religieuses, les moines parviennent à construire un temple coloré et scintillant, dont la structure ordonnée, transformée du chaos, synthétise et symbolise au grand celle d’un pays et d’un territoire, au petit celle d’un corps humain. Le processus de la construction est en même temps un exercice religieux pour ces moines : « la prospérité mondaine, ce n’est qu’une poignée de sable /繁华世界,不过一掬细沙. », dit ainsi le maxime bouddhique. En effet, quand un coup de vent va tout emporter, il ne restera que le néant, ou son contraire, l’éternité.

(source des deux photos: ICI)

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Infos Pratiques:

- Site de l’ONG organisatrice CAPDTC (China Association for Preservation and Development of Tibetan Culture): (En/Chi) http://www.capdtc.org/

- Site sur la culture tibétaine : (En/Chi/Tib) http://en.tibetculture.net/

- Site de l’exposition tibétaine à Shanghai : (Chi) http://www.jixianghada.org/



(
Source: Cantabile. Pour toute copie ou reproduction, merci d'indiquer le lien vers ce site comme provenance.)

lundi 24 novembre 2008

Grandir avec la Chine avec toutes la peine et le bonheur - un témoignage d'un père écrit par sa fille

Il est né en 1947 dans un petit village dans la montagne.

En cette année-là, la Chine était encore en guerre civile. Son village a été occupé par l’armée de Tchang Kai-check, les habitants ne l’aimaient guère car les pillages des paysans étaient très fréquents.
Après, une autre force qui s’appelle encore aujourd’hui « l’Armée populaire de libération » est arrivée dans son village et a expulsé l’armée adverse.
Les rôles furent inversés : les seigneurs devinrent des camarades comme les autres et des terres furent données aux paysans. Ces parents qui avaient travaillé toute leur vie pour les seigneurs a également reçu sa parcelle de terres cultivable. C’était bien la première fois qu’ils avaient accès à la propriété privée.

En 1949, la République Populaire de Chine est établie par le parti communiste de Mao Tsedung. Comme beaucoup de chinois de cette époque, ce couple de paysans donna le prénom « li guo » à son fils, cela qui signifie « la fondation de la Chine ».

La dureté et la pénibilité du travail et des tâches quotidiennes provoquèrent la mort du père de ce garçon. Désormais, celui-ci, son frère et sa sœur furent la force de travail et le gagne-pain de la famille. Ce garçon devait s’occupait du bœuf, de faucher le foin et d’aider sa mère.

Il n’est jamais allé à l’école. Jusqu’au jour ou les chefs de village ont décidé qu’ils allaient ouvrir une école libre d’accès à tous les enfants. Ce garçon s’est alors dit qu’il pouvait également faire des études, mais sa mère n’était pas d’accord. Sa mère qui avait passé toute sa vie dans la campagne ne comprenait pas à quoi les études servaient vraiment ? ». Mais quand il a vu que les autres enfants allaient à l’école, il a abandonné son bœuf et il est allé rejoindre ces nouveaux camarades.

A l’école, il apprit à écrire, les mathématiques, le russe…Il aimait beaucoup la littérature. Son rêve fut alors de devenir écrivain. En 1966, il avait 17 ans et il était en terminal, le bac arrivait bientôt. Il était impatient de le passer car il voulait sortir de son quotidien dans ce petit village et faire ses études dans les villes avoisinantes. Peut-être, son rêve de devenir un écrivain pourrait se réaliser aussi…

Mais en juin, la cession du bac ne commença jamais, un mouvement qu’on appelle « la révolution culturelle » était en train de se propager sur l’ensemble du pays continent. Les écoles et les usines furent fermées. La révolution était devenue le centre de la vie quotidienne.

Comme tous les jeunes, il alla un jour à Pékin pour saluer le président Mao. A cette époque la, le voyage pour voir le leader était totalement gratuit. Ce fut l’un des meilleurs moments de sa vie, il ne pourra jamais oublier le monde fou à la place Tian an men et l’effervescence ambiante.

A l’exception de ce voyage dans la capitale, cet adolescent est resté toujours dans son village. 7 ans s’écoulèrent comme cela.
En 1973, une chance arriva enfin : les universités chinoises commencèrent à reprendre leurs activités et pour son village une place se libéra pour faire des études dans le domaine de la Toxicologie à l’université. A cette époque où un diplôme de licence était quand même rare, il ne voulut pas rater cette opportunité. Mais il n’avait jamais entendu ce mot « toxicologie » avant et ne savait donc pas du tout à quoi s’attendre. Le doute s’installa dans son esprit.
Mais, en finalité, son frère lui dit : « si tu peux faire l’université, tu pourras avoir un diplôme de niveau licence et ton salaire sera doublé par rapport aux autres ». Il accepta donc cet avenir plus qu’incertain.

La vie dans la ville fut différente, plus solitaire. Dans sa classe, les étudiants étaient différents aussi, la différence d’âge pouvait se révéler énorme : de 13 à 30 ans. Après 4 ans d’études, il a finalement décidé de rester dans son université pour gagner sa vie comme enseignant. Il s’est marié avec une femme qui a suivi le même parcours que lui et un premier enfant naquit de cette rencontre.

A partir des années 80, la Chine commença à pratiquer la politique de l’enfant unique. Mais le désir d’avoir un garçon lui fit prendre le risque d’avoir un second enfant : ce fut une autre fille … Ce qui lui procura quand même une grande joie et plaisir !


Mais à cause de ce second enfant, il reçut une amende. Pendant 7 ans, il dut payer la moitié de son salaire. Le travail fut plus pénible et même le weekend.

Il a du aussi se lever tôt pour faire les courses dans une époque ou le rationnement alimentaire était de mise et ou la quantité de consommation de chaque famille était énoncée par l’Etat. Pour acheter des œufs, il devait se lever à 4 heures du matin pour faire la queue, parfois en arrivant si tôt, il était trop tard.

Vers la fin des années 80, certains chinois commencèrent à s’enrichir. Mais, cet homme trouva alors que la réforme économique ne faisait bénéficier que les hommes d’affaire et les gens ayant des relations.

Il travailla toujours dans son l’université avec un petit salaire et eut des promotions (de l’enseignant - l’assistant de professeur –vice professeur). Il publia aussi son premier livre sur le thème de la toxicologie. A 55 ans, une autre chance arriva, son université décida de l’élire comme candidat pour être professeur, car parmi tous les vice-professeurs de son département, il travaillait le plus et publiait le plus d’articles dans les magazines professionnels.
Mais le seul problème fut qu’il devait passer une épreuve en anglais. Pour un homme de 55 ans qui n’a appris que le russe quand il était jeune et qui ne connaît que quelques expressions, ce ne fut pas une tâche facile. Mais enfin il accepta ce défi, à l’âge de 55, il a repris ses études, pendant 6 mois, dormi dans son bureau et travaillé son anglais tous les jours, enfin, il a réussi cette épreuve et a obtenu son titre de professeur. C’est le plus grand honneur de sa vie, car il dit toujours « je suis un fils de paysans, je ne possède pas de ressources spéciales, d’un jeune qui vient de la campagne au professeur de l’université, j’ai tout gagné avec mes propres efforts »

Cet homme est mon père, aujourd’hui il est rentré de nouveau dans son village pour passer sa retraite. Il est comme on l’appelle communément « la première génération de Chine », il a vécu la période la plus pauvre de Chine (pendant 55-58, il a mangé pendant trois ans des patates douces), il est aussi le témoin de l’évolution de la société chinoise. Il se plaint de la réforme économique car il trouve que le communisme est en train de disparaître, mais il est content de sa vie matérielle la reforme de système universitaire a fait augmenter ses revenus et lui a permis d’acquérir son propre appartement. Il aime le président Mao mais n’aime pas Deng Xiaoping, pourtant mon père a bénéficié de sa réforme économique…

J’ai choisi de raconter une histoire vraie, c’est parce qu’après que je suis arrivée en France, j’ai trouvé qu’il y avait une grande méconnaissance. Comme la vie de mon père, peut-être pour vous celle-ci est dure, mais pour mon père, il est satisfait, car même qu’il y a beaucoup de difficultés dans sa vie, il trouve quand même satisfaction car il a réussi par ses propre efforts, et cela donne un sens réel à sa vie.
Quand vous regardez la chine, vous essayez de la voir avec votre point de vue, parfois c’est pas mal, mais la plupart du temps, on n’essaie pas de comprendre la chine et surtout son histoire, on ne la critique que comme un système communiste froid. Nous avons beaucoup de problème et la chine est loin d’être parfaite, mais quand même la bas il y a des gens qui vivent avec une grande décence.
Enfin, je peux dire qu’on avait parfois besoin de plus compréhensions et de moins de critiques.

Par ZHOU Hewei